Pourquoi le MGO n'est pas le seul secret du miel de Manuka : ce que dit réellement la science

Lorsque l'on parle de miel de Manuka, un chiffre revient systématiquement : le MGO (méthylglyoxal).

Le MGO est aujourd'hui le principal indicateur pour évaluer la puissance d'un miel de Manuka. Et pour cause : le MGO est reconnu comme le principal composé responsable de son activité antibactérienne exceptionnelle (Adams et al., 2008 ; Mavric et al., 2008).

Mais la science montre aujourd'hui que le MGO n'explique pas tout.

Le MGO : un acteur majeur, mais pas unique

En règle générale, plus un miel contient de MGO, plus son activité antibactérienne est importante.

Cependant, les chercheurs ont observé que cette relation n'était pas toujours parfaitement linéaire. Comme le souligne une revue scientifique de référence :

« Des niveaux élevés de MGO produisent généralement les miels les plus actifs. Cependant, la corrélation n'est pas toujours parfaite, ce qui suggère que d'autres composants du miel peuvent moduler son activité » (Carter et al., 2016).

Autrement dit, le MGO reste le principal indicateur de puissance, mais il n'est probablement pas le seul facteur impliqué.

L'étude qui a changé la vision des chercheurs

L'un des exemples les plus intéressants concerne une étude menée sur le miel de Manuka associé à la rifampicine, un antibiotique utilisé contre certaines infections bactériennes.

Les chercheurs ont observé que :

  • le miel de Manuka et la rifampicine agissaient en synergie ;

  • cette association était plus efficace que chacun des deux traitements utilisés séparément ;

  • la présence du miel empêchait même l'apparition de bactéries résistantes à l'antibiotique (Müller et al., 2013).

Pour comprendre le phénomène, les scientifiques ont tenté de reproduire cet effet avec un miel artificiel enrichi en MGO.

Le résultat fut surprenant :

la synergie a disparu.

Le simple ajout de MGO ne permettait pas de reproduire les effets observés avec un véritable miel de Manuka.

Pourquoi est-ce important ?

Cette découverte suggère qu'au-delà du MGO, d'autres composants naturels du miel de Manuka participent à son activité.

Parmi les candidats étudiés par les chercheurs :

  • la leptosine, un marqueur spécifique des miels de Manuka ;

  • certains polyphénols aux propriétés antioxydantes ;

  • d'autres composés encore mal identifiés.

C'est probablement l'action combinée de ces différentes substances qui confère au miel de Manuka ses propriétés uniques.

Ce qu'il faut retenir

Le MGO reste aujourd'hui le meilleur indicateur disponible pour évaluer la qualité et la puissance d'un miel de Manuka.

Mais réduire le miel de Manuka à son seul taux de MGO serait une simplification excessive.

Les recherches récentes montrent qu'il s'agit d'un produit naturel complexe, dont l'efficacité repose probablement sur l'interaction de plusieurs composés agissant ensemble. C'est précisément cette complexité qui continue de passionner les scientifiques plus de trente ans après les premières recherches sur le sujet. (Carter et al., 2016).


Références scientifiques

  • Adams CJ et al. (2008). Isolation by HPLC and characterisation of the bioactive fraction of New Zealand manuka honey.

  • Mavric E et al. (2008). Identification and quantification of methylglyoxal as the dominant antibacterial constituent of Manuka honey.

  • Müller P et al. (2013). Synergism between Medihoney and rifampicin against MRSA.

  • Carter DA et al. (2016). Therapeutic Manuka Honey: No Longer So Alternative. Frontiers in Microbiology.

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